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dimanche 26 juin 2011

Comment retrouver davantage de produits du Québec dans nos frigos?

Il y a constamment des débats sur la question: pourquoi retrouve-t-on aussi peu de produits du Québéc dans nos frigos?


Ca été le cas des fraises l’été dernier par exemple; choisir entre des fraises du Quebec ou de Californie en plein mois de juillet, est-ce normal? L’industrie du porc est un autre exemple flagrant; comment celle-ci peut-elle séduire les consommateurs québécois alors qu'elle fait face à un désavantage économique considérable des produits américains dont l'industrie agro-alimentaire est fortement subventionnée.

La reponse est complexe :

Tel que je le déclarais dans un article de La Presse sur cette question: Le consommateur achète d’abord ce qu’il voit sur les étagères des épicerie (selon la disponibilité) et en fonction du prix (argument économique).

Avec de l’éducation et de la sensibilisation sur les enjeux économiques dans le domaine agro-alimentaire, de plus en plus de consommateurs font l’effort d’acheter Québécois, en autant qu’il soit clairement identifié comme tel à l’épicerie (appellation Aliments du Quebec, ou indiqué produit du Québec sur l’emballage, ou promontoire dédié), et qu’il fasse l’effort de vérifier, et que l’approvisionnement soit adéquat! Le consommateur doit aussi faire l'effort de le demander à son épicier.

La règle de base est la suivante : a prix égal ou moins cher, TOUJOURS acheter Québécois.
Mais parfois, le prix du produit québécois est plus cher. Il faut se poser la question à savoir à quelle différence de prix le consommateur est prêt à payer pour privilégier un produit québécois? Pas évident! Sommes-nous prêt à aider l’industrie du porc québécois et payer un peu plus cher? Moralement, la réponse est oui. Economiquement, jusqu’à un certain point.

Toutefois, si le produit a une valeur affective (ex : les fraises des champs du Québec, certains de nos fromages ou la crème glacée Coaticook sont meilleures au goût), une valeur ajoutée (meilleure qualité nutritive des bleuets du Lac-St-Jean ou des jus Oasis avec calcium ou des Yogourts Libertes ) ou une valeur distinctive (sirop d’érable, confitures de l’Ile d’Orléans, les Pains santé de la boulangerie St-Méthode, les tomates de serres en grappe de Savoura), la prise de décision du consommateur envers les produits québécois est facilitée.

 La concurrence est forte de la part des produits étrangers, et le distributeur et le détaillant fournissent les produits en fonction du prix et de la provenance. En saison pour les fruits et légumes, les détaillants font un effort pour privilégier les producteurs québécois, mais il y a parfois des accrocs.

Il y a ici et là des exemples d'innovation intéressants : NutraFruits, fromagerie de Portneuf et autres, Appellation Charlevoix (veau), jus avec probiotiques, etc...Mais est-ce que l’aide à l’innovation et à la transformation est adéquate, même si on en fait mention dans le livre blanc qui risque davantage de s’attarder à la sécurité alimentaire plutôt qu’à la valeur santé?


Pour aider les produits québécois à se retrouver dans les frigos, il faut une concertation entre le MAPAQ (promotion, branding (développer des appellations), politique du livre blanc, les producteurs (identifier les emballages, produits intéressants et concurrentiels), distributeurs et détaillants (faire une place acceptable aux produits québécois dans leur approvisionnement, affichage clair sur les étagères).

Il faut finalement éduquer le consommateur à faire des choix éclairés responsables. L’inciter à aller de temps en temps au marché public, considérer les paniers de légumes provenant directement du producteur, encourager les producteurs locaux en achetant leurs produits quand l’occasion s’y prête (promenade en campagne, achats au bord de la route, foire agricole, salon alimentaire, etc..)

Il faut voir aussi les chiffres : 55 % des achats d’aliments au Québec sont réalisés auprès de fournisseurs d’ici. Est-ce suffisant? Est-ce que ca devrait être plus? Exportons nous suffisamment avec 55% de la production?

Pour en savoir plus, lire le dossier de Marie Allard dans La Presse du 25 juin sur cette question
Peu d'aliments québécois dans nos assiettes  La Presse 25 juin
Aliments du Québec