Changez vos mauvaises habitudes,
et retrouvez votre zone d'équilibre de vie, pour ainsi vivre mieux et en santé

lundi 15 novembre 2010

Le marketing behavioural pour promouvoir la bouffe santé à l'école

À l'école secondaire De Rochebelle, à Sainte-Foy, j'ai proposé et initié en 2004, à la demande du directeur,  un projet de virage santé  qui a consisté à constituer le Comité Action Santé, à rédiger une politique alimentaire, à modifier progressivement l'environnement alimentaire (machines distributrices d'aliments et de boissons, menu et fonctionnement de la cafétéria) et à élaborer une campagne d'éducation et de sensibilisation auprès des élèves, du personnel et des parents. A ma demande, le matériel éducatif est maintenant mis à la disposition des autres écoles sur le site internet du Comité Action Santé.

Pour que tous ces changements environnementaux et éducatifs puissent avoir un impact durable, il fallait aller plus loin. J'ai alors suggéré en juin 2007 au Comité Action Santé de poursuivre ce projet avec un volet de changement des comportements. Dans un premier temps, à l'aide de l'obtention d'une subvention du Centre de recherche sur la Prévention de l'Obésité (CRPO) de la Fondation Chagnon, nous avons analysé en 2008 l'attitude et les habitudes des élèves à l'égard du repas du midi. 

 Il est ressorti de cette étude que entre 25 et 40 % des élèves s'aventurent hors de l'école au moins une fois tous les dix jours à l'heure du lunch. Les réponses fournies par les élèves ont mis en lumière certains obstacles relatifs au milieu physique de l'école ainsi qu'au sentiment de compétence personnelle dans la préparation des lunchs

Les résultats d’enquête du projet "Diner à l'école" mènent à travailler en 2009-2010 sur l’amélioration de l’aménagement extérieur et intérieur des endroits pour manger (ajout de tables et de chaises à la cafétéria, augmentation du nombre de fours micro-ondes, réduction du temps d'attente pour être servi à la cafétéria), sur l’attrait des activités de l’école à l’heure du midi, sur des interventions éducatives pour promouvoir le comportement de rester à l’école pour dîner. 

Par ailleurs, plusieurs petits gestes ont ainsi été tentés pour inciter les jeunes à mieux s'alimenter à la cafétéria. Certains s'approchent de l'économie behaviorale. On pense ici au comptoir à sous-marins qui donne accès à une caisse rapide, aux promotions sur des produits vedettes (clémentines, smoothies, pain aux canneberges), au panier de fruits près de la caisse, aux nouvelles salades plus attrayantes ajoutées au bar à salades. La disposition des aliments a notamment été repensée. Il y a moyen d'augmenter considérablement les ventes de produits santé dans les cafétérias scolaires en changeant simplement l'emplacement des bons et des mauvais choix alimentaires et en empruntant aux techniques de marketing utilisées dans les supermarchés pour rendre les bons choix plus attrayant.

Stratégies santé implantées à L'École secondaire de Rochebelle par la Chaire de recherche sur l'obésité

-concours de recettes santé
-noms de menus attrayants (pizza au poulet, riz à l'indienne,  sauté de poulet à la thai, pain de lentilles sauce napolitaine)
-vente subventionnée et publicisée d'aliments vedettes (clémentine, pain aux canneberges, smoothie)
-atelier de cuisine et de découverte du goût
-bar à salade avec caisse express
-sandwicherie personnalisée
-panier de fruits près de la caisse
-placer le lait au chocolat derrière le lait régulier
-2e ligne de service
-ajout de micro-onde
-le menu du jour exclut les boissons sucrées


vendredi 17 septembre 2010

Transport actif au Québec: ou en sommes-nous?

Nouveau tronçon reliant la promenade Champlain
à l'avenue des Hôtels en passant par la côte Ross à Québec
Photo CCNQ Philippe Plante
Le transport actif consiste en des déplacements à pied, à bicyclette ou en patins à roues alignées vers l'arrêt d'autobus, le travail ou l'école sans utiliser la voiture. Une campagne de promotion et de sensibilisation intitulée La semaine des transports collectifs et actifs a lieu à Québec et à Gatineau, du 16 au 22 septembre 2010. 

Parmi les activités organisées, il y a la manifestation J'embarque pour le vélo à Québec ! Venez pédaler pour montrer votre soutien à l'amélioration du réseau cyclable.

Lancement d'un nouveau service-conseil aux citoyens d'Accès transports viables, appelé Mon PLAN :  Faites faire votre plan de déplacement personnalisé par un conseiller-expert en mobilité.

Le 22 septembre, on se déplace sans voiture dans toute la région de Québec ! Une activité de sensibilisation d'envergure internationale.

L'Université Laval organisait aussi un débat-conférence A vélo en ville, partage de la route, sécurité et infrastructures. Lors de cette rencontre les panélistes ont fait l'état de la situation de l'utilisation des pistes cyclables au Québec.

On y apprend par exemple que la proportion de cyclistes actifs est plus grande au Québec (47%) que partout ailleurs au Canada et aux États-Unis. 73% d'entre eux, soit 33% de la population, sont des assidus, (1 fois par semaine ou plus). 16% de la population utilise le vélo (50% des assidus) comme mode principal (6%) ou occasionnel (10%) de transport. Cette proportion s'élève à 32% chez les 18-24 ans. La distance médiane entre le domicile et le lieu de travail est de 8 km en milieu urbain, ce qui représente 40 min de vélo. 

Le développement des pistes cyclables au Québec est en pleine progression. La route verte, composée de pistes cyclables, d'accotements asphaltés et de chaussées désignées à travers la province, avec plus de 4000 km de pistes, a été inaugurée en 2008 par transport Québec. Actuellement, 3527 km de la Route verte sont balisés, 509 km sont accessibles sans être balisés et 358 km sont en développement. Vélo Québec est satisfait des progrès réalisés depuis 2007 à Montréal, avec l'ajout de 43 km de voies cyclables par année. La ville de Québec s'est davantage attardée à développer des axes cyclables de loisir le long du littoral (Beauport, rivière St-Charles (8km), promenade Champlain le long du fleuve (10 km), préférée aux besoins criants de transport actif, et plus particulièrement dans l'axe reliant Sainte-Foy au centre-ville, tel que recommandé dans le Plan directeur du réseau cyclable de 2008.

Au niveau de la sécurité et de la prévention des accidents, le port du casque a vélo est recommandé, ce que font seulement 40% des cyclistes. Jean-Marie DeKoninck, de la table de sécurité routière, est d'avis que le partage des voies cyclables avec les piétons et les automobiles est de l'ordre de la courtoisie. A cet effet, les lecteurs de ce blogue se souviendront que j'ai discuté l'été dernier du comportement exemplaire des citoyens de Amsterdam lors de leurs déplacements à vélo. Un des éléments importants qui facilite grandement la courtoisie et le partage des voies était l'utilisation de la sonnette, équipement efficace que je vois installé peu souvent sur les vélos au Québec. Le respect du code de la route avec une place plus importante pour les piétons et les cyclistes est aussi de mise.

Cette semaine de promotion du transport actif sera aussi l'occasion pour les organismes et les citoyens de se prononcer dans le cadre de la consultation de la ville de Québec sur le Plan de mobilité durable de la Ville de Québec. Ce plan se veut un guide d'urbanisation et de développement de ses modes de transport (actifs, collectifs (autobus, train, tramway), voiture, transport de marchandises) dans une perspective de développement durable pour les 20 prochaines années. Le transport actif y est pourtant peu abordé.

Je parlerai de tout cela lors de ma première chronique au canal VOX-9 sur le câble à l'émission Bonheur total  le 29 septembre à 20h30 (voir l'émission aussi sur le site internet).

lundi 5 juillet 2010

Se transporter à vélo à Amsterdam: par choix ou par nécessité?

Les habitants de Amsterdam ont adopté le vélo comme mode de transport actif préféré. Facile à vérifier. Il y a des gens qui se promènent à vélo un peu partout le long des canaux et sur les innombrables pistes cyclables. Les parcs à vélo des stations de trains sont bondés de milliers de vélos. Partout en ville, il y a des vélos accrochés ici et là. Rien à voir avec les quelques bouts de pistes cyclables ici et là à Montréal et à Québec et les quelques rares supports à vélo. Il y a plus de 600 000 vélos pour une population de 750 000 personnes,  et plus de 60% l'utilise. Avec un taux d'utilisation de 5 à 7% au Québec, c'est un autre monde.

J'ai été conquis! J'ai moi aussi loué un vélo pour la semaine. Ca sera mon activité physique quotidienne. A 8 euros par jour, c'est quand même très abordable. Bon, ce sont des vélos standards économiques (genre de ceux vendus chez Canadian Tire) à 3 vitesses, mais ca fait le travail comme on dit, pour ce à quoi ca sert. Un moyen de déplacement utilitaire. Un peu comme les Bixis à Montréal. A la différence qu'ils viennent tout équipés, comprenant une sonnette, un dynamo pour éclairer le soir, et un support pour accrocher des objets. En terme de sécurité, les vols de vélo sont nombreux. C'est pourquoi ils utilisent un système de barure-double permettant ainsi de bloquer non pas une mais les deux roues. 

Car il s'agit bien de se déplacer à vélo au centre-ville, habité par les citoyens d'ailleurs, plutôt que d'aller faire une promenade du dimanche ou d'une séance d'exercice après le souper. Utiliser le vélo est une commodité pour se déplacer rapidement et efficacement entre deux points. Et on en voit de toutes sortes: des femmes en robe, des hommes d'affaire en complet, cette mère qui transporte son enfant sur son dos ou comme passager, cette demoiselle revenant de l'épicerie avec un sac dans son panier.  Et ils en profitent même pour recevoir des appels sur le cellulaire... sans même s'arrêter.

Le plus comique est d'allier plaisir, amis et déplacement actif à l'aide de ce Beerbike. Wow! Impressionnant. C'est en conformité avec un centre-ville animé par de nombreux pubs et fréquenté par un public jeune. 

Utiliser le transport en commun (tramway, autobus) ou le deplacement actif (vélo, marche) est même une nécessité. La raison en est fort simple. L'utilisation de la voiture est peu avantageuse.Les rues sont étroites et souvent à sens unique, alors la circulation est lente. Les places de stationnement sont très limitées en ville et il coute 4 Euros de l'heure. 

Le tramway est à faire l'envie du maire Labeaume. Il est davantage utilisé, je dirais, pour les moyennes distances, soit plusieurs kilomètres, comme pour se rendre à la mer, à Zandwoort . Mais pour les courtes distances, le vélo est plus rapide et plus efficace, car il n'y a pas de contrainte d'horaire, le chemin est plus direct et on stationne à la porte de l'établissement visité. L'autre avantage de Amsterdam est sa dimension. Le centre-ville est assez compact et les distances relativement courtes. Une autre façon d'organiser son transport est de se rendre à la gare en train puis de poursuivre à vélo.  

Les pistes cyclables cohabitent harmonieusement ou presque avec les voitures le long des rues.  Heureusement, que les voitures se déplacent lentement.  Et oubliez le casque à vélo, ca ne semble pas une préoccupation ici. Pourtant, les risques de chute ou de collision sont non seulement réels mais imminents. Pourtant, je n'en ai pas encore vu un seul!.En effet, car tout le monde se promène partout, même en sens inverse. Ca semble un peu anarchique en apparence, mais ca ne l'est pas. Il faut donc être très vigilant à tout instant, et apprendre les règles de circulation tacites rapidement. Et personne ne se vexe, même si vous n'êtes pas nécessairement dans le droit chemin ou à la bonne place. Chacun évite l'autre en manoeuvrant habilement. Ca fait partie de la vie normale. Le secret réside en l'utilisation de la sonnette pour signaler la présence d'un cycliste ou pour prévenir d'une situation problématique.

Pour les randonnées, les athlètes et les promeneurs préféreront utiliser le réseau de pistes cyclables reliant les villages dans la campagne située au nord de Amsterdam. Belle façon d'aller visiter des villages de pêcheurs tels que Vollendam.


Dernier argument choc pour adopter le vélo: il n'y a pas de côtes à Amsterdam, le terrain est totalement plat. Ils ont donc toutes les conditions réunies pour faire du vélo un succès populaire au quotidien. 

Bon je vous laisse. Je dois me rendre au museumplein à vélo pour aller regarder sur écran géant un match du Mundial de football.montrant l'équipe des  Pays-Bas. La demi-finale opposera mardi les Pays-Bas à l'Uruguay. Ca promet.