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vendredi 17 septembre 2010

Transport actif au Québec: ou en sommes-nous?

Nouveau tronçon reliant la promenade Champlain
à l'avenue des Hôtels en passant par la côte Ross à Québec
Photo CCNQ Philippe Plante
Le transport actif consiste en des déplacements à pied, à bicyclette ou en patins à roues alignées vers l'arrêt d'autobus, le travail ou l'école sans utiliser la voiture. Une campagne de promotion et de sensibilisation intitulée La semaine des transports collectifs et actifs a lieu à Québec et à Gatineau, du 16 au 22 septembre 2010. 

Parmi les activités organisées, il y a la manifestation J'embarque pour le vélo à Québec ! Venez pédaler pour montrer votre soutien à l'amélioration du réseau cyclable.

Lancement d'un nouveau service-conseil aux citoyens d'Accès transports viables, appelé Mon PLAN :  Faites faire votre plan de déplacement personnalisé par un conseiller-expert en mobilité.

Le 22 septembre, on se déplace sans voiture dans toute la région de Québec ! Une activité de sensibilisation d'envergure internationale.

L'Université Laval organisait aussi un débat-conférence A vélo en ville, partage de la route, sécurité et infrastructures. Lors de cette rencontre les panélistes ont fait l'état de la situation de l'utilisation des pistes cyclables au Québec.

On y apprend par exemple que la proportion de cyclistes actifs est plus grande au Québec (47%) que partout ailleurs au Canada et aux États-Unis. 73% d'entre eux, soit 33% de la population, sont des assidus, (1 fois par semaine ou plus). 16% de la population utilise le vélo (50% des assidus) comme mode principal (6%) ou occasionnel (10%) de transport. Cette proportion s'élève à 32% chez les 18-24 ans. La distance médiane entre le domicile et le lieu de travail est de 8 km en milieu urbain, ce qui représente 40 min de vélo. 

Le développement des pistes cyclables au Québec est en pleine progression. La route verte, composée de pistes cyclables, d'accotements asphaltés et de chaussées désignées à travers la province, avec plus de 4000 km de pistes, a été inaugurée en 2008 par transport Québec. Actuellement, 3527 km de la Route verte sont balisés, 509 km sont accessibles sans être balisés et 358 km sont en développement. Vélo Québec est satisfait des progrès réalisés depuis 2007 à Montréal, avec l'ajout de 43 km de voies cyclables par année. La ville de Québec s'est davantage attardée à développer des axes cyclables de loisir le long du littoral (Beauport, rivière St-Charles (8km), promenade Champlain le long du fleuve (10 km), préférée aux besoins criants de transport actif, et plus particulièrement dans l'axe reliant Sainte-Foy au centre-ville, tel que recommandé dans le Plan directeur du réseau cyclable de 2008.

Au niveau de la sécurité et de la prévention des accidents, le port du casque a vélo est recommandé, ce que font seulement 40% des cyclistes. Jean-Marie DeKoninck, de la table de sécurité routière, est d'avis que le partage des voies cyclables avec les piétons et les automobiles est de l'ordre de la courtoisie. A cet effet, les lecteurs de ce blogue se souviendront que j'ai discuté l'été dernier du comportement exemplaire des citoyens de Amsterdam lors de leurs déplacements à vélo. Un des éléments importants qui facilite grandement la courtoisie et le partage des voies était l'utilisation de la sonnette, équipement efficace que je vois installé peu souvent sur les vélos au Québec. Le respect du code de la route avec une place plus importante pour les piétons et les cyclistes est aussi de mise.

Cette semaine de promotion du transport actif sera aussi l'occasion pour les organismes et les citoyens de se prononcer dans le cadre de la consultation de la ville de Québec sur le Plan de mobilité durable de la Ville de Québec. Ce plan se veut un guide d'urbanisation et de développement de ses modes de transport (actifs, collectifs (autobus, train, tramway), voiture, transport de marchandises) dans une perspective de développement durable pour les 20 prochaines années. Le transport actif y est pourtant peu abordé.

Je parlerai de tout cela lors de ma première chronique au canal VOX-9 sur le câble à l'émission Bonheur total  le 29 septembre à 20h30 (voir l'émission aussi sur le site internet).

lundi 5 juillet 2010

Se transporter à vélo à Amsterdam: par choix ou par nécessité?

Les habitants de Amsterdam ont adopté le vélo comme mode de transport actif préféré. Facile à vérifier. Il y a des gens qui se promènent à vélo un peu partout le long des canaux et sur les innombrables pistes cyclables. Les parcs à vélo des stations de trains sont bondés de milliers de vélos. Partout en ville, il y a des vélos accrochés ici et là. Rien à voir avec les quelques bouts de pistes cyclables ici et là à Montréal et à Québec et les quelques rares supports à vélo. Il y a plus de 600 000 vélos pour une population de 750 000 personnes,  et plus de 60% l'utilise. Avec un taux d'utilisation de 5 à 7% au Québec, c'est un autre monde.

J'ai été conquis! J'ai moi aussi loué un vélo pour la semaine. Ca sera mon activité physique quotidienne. A 8 euros par jour, c'est quand même très abordable. Bon, ce sont des vélos standards économiques (genre de ceux vendus chez Canadian Tire) à 3 vitesses, mais ca fait le travail comme on dit, pour ce à quoi ca sert. Un moyen de déplacement utilitaire. Un peu comme les Bixis à Montréal. A la différence qu'ils viennent tout équipés, comprenant une sonnette, un dynamo pour éclairer le soir, et un support pour accrocher des objets. En terme de sécurité, les vols de vélo sont nombreux. C'est pourquoi ils utilisent un système de barure-double permettant ainsi de bloquer non pas une mais les deux roues. 

Car il s'agit bien de se déplacer à vélo au centre-ville, habité par les citoyens d'ailleurs, plutôt que d'aller faire une promenade du dimanche ou d'une séance d'exercice après le souper. Utiliser le vélo est une commodité pour se déplacer rapidement et efficacement entre deux points. Et on en voit de toutes sortes: des femmes en robe, des hommes d'affaire en complet, cette mère qui transporte son enfant sur son dos ou comme passager, cette demoiselle revenant de l'épicerie avec un sac dans son panier.  Et ils en profitent même pour recevoir des appels sur le cellulaire... sans même s'arrêter.

Le plus comique est d'allier plaisir, amis et déplacement actif à l'aide de ce Beerbike. Wow! Impressionnant. C'est en conformité avec un centre-ville animé par de nombreux pubs et fréquenté par un public jeune. 

Utiliser le transport en commun (tramway, autobus) ou le deplacement actif (vélo, marche) est même une nécessité. La raison en est fort simple. L'utilisation de la voiture est peu avantageuse.Les rues sont étroites et souvent à sens unique, alors la circulation est lente. Les places de stationnement sont très limitées en ville et il coute 4 Euros de l'heure. 

Le tramway est à faire l'envie du maire Labeaume. Il est davantage utilisé, je dirais, pour les moyennes distances, soit plusieurs kilomètres, comme pour se rendre à la mer, à Zandwoort . Mais pour les courtes distances, le vélo est plus rapide et plus efficace, car il n'y a pas de contrainte d'horaire, le chemin est plus direct et on stationne à la porte de l'établissement visité. L'autre avantage de Amsterdam est sa dimension. Le centre-ville est assez compact et les distances relativement courtes. Une autre façon d'organiser son transport est de se rendre à la gare en train puis de poursuivre à vélo.  

Les pistes cyclables cohabitent harmonieusement ou presque avec les voitures le long des rues.  Heureusement, que les voitures se déplacent lentement.  Et oubliez le casque à vélo, ca ne semble pas une préoccupation ici. Pourtant, les risques de chute ou de collision sont non seulement réels mais imminents. Pourtant, je n'en ai pas encore vu un seul!.En effet, car tout le monde se promène partout, même en sens inverse. Ca semble un peu anarchique en apparence, mais ca ne l'est pas. Il faut donc être très vigilant à tout instant, et apprendre les règles de circulation tacites rapidement. Et personne ne se vexe, même si vous n'êtes pas nécessairement dans le droit chemin ou à la bonne place. Chacun évite l'autre en manoeuvrant habilement. Ca fait partie de la vie normale. Le secret réside en l'utilisation de la sonnette pour signaler la présence d'un cycliste ou pour prévenir d'une situation problématique.

Pour les randonnées, les athlètes et les promeneurs préféreront utiliser le réseau de pistes cyclables reliant les villages dans la campagne située au nord de Amsterdam. Belle façon d'aller visiter des villages de pêcheurs tels que Vollendam.


Dernier argument choc pour adopter le vélo: il n'y a pas de côtes à Amsterdam, le terrain est totalement plat. Ils ont donc toutes les conditions réunies pour faire du vélo un succès populaire au quotidien. 

Bon je vous laisse. Je dois me rendre au museumplein à vélo pour aller regarder sur écran géant un match du Mundial de football.montrant l'équipe des  Pays-Bas. La demi-finale opposera mardi les Pays-Bas à l'Uruguay. Ca promet.




 

jeudi 3 juin 2010

Santé Canada propose finalement des recommandations pour diminuer le sel des aliments

Santé Canada demande à l'industrie dans le rapport du Groupe de travail sur la stratégie de réduction du sodium au Canada, et disponible depuis le 29 juillet, de diminuer le sel des aliments de façon volontaire et progressive d'ici 2016. Ces mesures visent à diminuer la consommation actuelle de la population canadienne de 3400 mg sodium par jour (1.5 cuillerée à thé par jour de sel total, comprenant le sel provenant de la salière (6%), celui de la cuisson (5%), le sel contenu dans les aliments transformés et les mets préparés (77%) par l'industrie et la restauration, et celui présent naturellement dans les aliments (12%)) à une cible intermédiaire de 2300 mg  (1 cuillerée à thé par jour de sel total).

Tel que je le mentionnais dans ma chronique mensuelle de juillet, Si Santé Canada veut vraiment instaurer des programmes éducatifs, il faudrait qu’il recommande aux individus de lire les étiquettes nutritionnelles et d’opter préférentiellement pour des aliments transformés qui ne dépasse pas un seuil élevé par portion de l’ordre de 230 mg de sodium par exemple (ce qui représente un peu plus de 10% de l'apport maximale tolérée ou AMT) pour la plupart des catégories d’aliments. Il faudrait même viser ultimement un maximum de 150 mg par portion (10% de la valeur quotidienne recommandée de 1500mg, qui est l'apport suffisant (AS) cible et qui est préconisé pour devenir la valeur quotidienne de référence pour remplacer le 2400 mg actuellement). Le Groupe de travail sur le sel recommande, avec raison, de standardiser les portions par catégorie d'aliments sur l'étiquette nutritionnelle obligatoire.

Pour les individus, les cibles références rapportées pour 100g d'aliments ne voudront rien dire. Il faudrait être clair au niveau des communications et de l’éducation sur ce que cela représente pour une portion, par exemple une tranche de pain ou ½ tasse de céréales.

En espérant que les consommateurs suivent le mouvement et fassent quelques concessions… au nom de la santé, plutôt que celui du goût.

Remplacer le sel n’est pour le moment pas une mince tâche, car contrairement aux gras trans ou le sucre, les succédanés ne sont pas satisfaisant ou coûtent beaucoup plus chers. Les industriels et certains spécialistes prétextent, hormis le goût,  aussi le changement de texture et la conservation des aliments qui seraient altérés.
 
Il deviendra aussi important de réviser l’étiquette nutritionnelle et les allégations affichées sur le devant des emballages. Des avertissements tels que « une portion contient une valeur élevée de sel, de sucre ou de gras saturés » lorsque les niveaux dépassent un certain seuil néfaste pour la santé (230mg et 400 mg selon la catégorie d'aliments) , serait une mesure dissuasive pour le fabriquant et un choix éclairé pour le consommateur. Cette mesure avait bien fonctionné pour les paquets de cigarettes.
 
L’enjeu est énorme car modifier la formule gagnante d’aliments qui se vendent bien n’est pas sans risque … économique!
Pour ce qui est des enjeux pour la santé, ce n’est pas une réelle préoccupation de l’industrie et la population est quelque peu sensibilisé mais continue de choisir les aliments en fonction de leur goût que le sel apporte; et Santé Canada est tiraillé par les pressions de l’industrie. On aura donc des recommandations mitigées qui auront peu d’impacts dans les prochaines années, d’autant plus que les cibles devront être atteintes non pas dans 3 ans mais bien dans 6 ans!!

Ultimement, le groupe de travail sur le sodium vise une consommation de 1500 mg de sodium par jour. Bien que l'échéancier ne soit pas disponible, on parle de 2020, ce qui est probablement irréalisable, non pas comme échéancier mais comme cible dans un monde de consommation dominé par les aliments transformés et les mets préparés.

Dans le dossier similaire de l’élimination des gras trans des aliments transformés, bien que les mesures de diminution volontaire, progressive, mesurée et surveillée sur une période de 3 ans aient donné de bons résultats, le constat est qu’il faut maintenant une règlementation pour discipliner les industriels qui ne se conforment pas aux cibles pour 30% des aliments surveillés (biscuits, beignets, etc.). C’est maintenant la responsabilité des politiciens d’appuyer un projet de loi en ce sens. Pour l’automne 2010? Cela dépendra d'eux et de l'opinion publique.

Nous nous destinons vers la même approche de la part de Santé Canada en ce qui concerne la teneur en sel dans les aliments. Mesures volontaires, progressives, réalisables, mesurées et surveillées sur une base annuelle.

Les enjeux économiques et les conséquences sur la santé sont comparables. Le défi est important mais réalisable. Dans ce cas-ci toutefois, ca a pris presque trois ans au Comité à remettre son rapport alors que pour les gras trans, les politiciens avaient pris une décision tellement subite que tout le monde avait été prix par surprise. Les échéances d'atteinte des cibles pour le sel sont de 6 ans alors que pour les gras trans, ils avaient été de trois ans.

Nous savons toutefois que, seule une loi arrivera à discipliner l’ensemble de l’industrie. Devrons-nous attendre un autre 10 ans de la part des politiciens pour mettre suffisamment de pression politique sur l’industrie pour permettre à la population de parvenir à atteindre la cible de consommation de 2300 mg de sodium par jour alors qu’elle en consomme actuellement 3400 mg? Le défi est de taille et les efforts consentis par l’industrie, la population et les politiciens sont considérables.

Pour y parvenir il faudra un message politique fort, en prenant exemple sur la règlementation imposée en Angleterre ou sur la volonté politique de Michele Obama..Que ce soit l'industrie, les consommateurs, les professionnels de la santé et les politiciens, pouvons-nous compter sur l'appui de tous?

NOTE: 14 septembre 2010. Les ministères de la santé candien et des provinces vont de l'avant en entérinant certaines recommandations du Groupe de travail dont la cible globale de réduction de la consommation à 2300 mg de sodium a atteindre en 2016 à l'aide d'un suivi des progrès, la modification du Guide alimentaire canadien pour tenir compte de la stratégie de réduction en sel et possiblement une nouvelle règlementation visant l'étiquette de valeur nutritive sur les emballages.

Références:
Stratégie de réduction du sodium pour le Canada.  Groupe de travail sur le sodium, Santé Canada 29 juillet 2010
Le SEL: un tueur silencieux Chronique Paul Boisvert Juillet 2010

Revue de Presse (Entrevues Paul Boisvert)
Ottawa met son grain de sel 30 juillet 2010 La Presse p. A1-A2

Champions mondiaux de la consommation de sel   Journal de Québec  p. 12

Lutte contre le sel: une stratégie bien accueillie 30 juillet 2010 à 05h00 Le Soleil p. 10
L’été du monde 29 juillet 17h15Radio-Canada avec Jean Sébastien Bernatchez

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